Un mot sur l'occitan

Plan des développements.


Introduction

 Nous parlons tous occitan ! 

Eh oui : vous l'ignorez sans doute, mais il y a toutes les chances pour que vous connaissiez déjà quelques mots d'occitan. En effet, les barrières entre les langues sont poreuses. Les mots, les expressions et parfois même les tournures grammaticales sont des baroudeurs qui adorent passer les frontières. 

Prenons par exemple le très fameux "kesako". Il s'agit en fait de qu'es aquò ? qui signifie effectivement "qu'est-ce que c'est" ? Et les exemples sont nombreux. 

Par ailleurs, si vous êtes déjà passé(e) par le métro toulousain, vous aurez aussi entendu estacion venenta, littéralement "prochaine station". Sans compter les rencontres musicales (festivals, concerts, bals), cinématographiques, les plaques de rue et panneaux bilingues ; autant d'occasions d'entendre ou de lire la lenga nostra.  

 

 Langue ou patois ?

En France, y compris parmi celles et ceux qui parlent une langue régionale (c'est le terme officiel), on entend régulièrement le mot "patois" pour désigner la langue employée. C'est une désignation que les défenseurs de ces langues n'aiment généralement pas beaucoup. Pourquoi ? Principalement à cause de sa valeur péjorative. Le Trésor de la Langue Française Informatisé donne les définitions suivantes :

 

PATOIS : Parfois péjoratif, 1-Parler essentiellement oral, pratiqué dans une localité ou un groupe de localités, principalement rurales.

2- LING. Système linguistique restreint fonctionnant en un point déterminé ou dans un espace géographique réduit, sans statut culturel et social stable, qui se distingue du dialecte dont il relève par de nombreux traits (...).

 

Comme vous pourrez le constater en lisant les différentes explications ci-dessous, son étendue géographique et historique, sa richesse littéraire orale et écrite ainsi que sa structure linguistique font de l'occitan une langue à part entière. 

 

 Sur la méthode

Comme dans tout mouvement, comme pour toute idée, la défense de l'occitan est soutenue par des personnes et des institutions très diverses, dont les opinions, les motivations et les moyens d'action divergent. La position de l'IEO Midi-Pyrénées est on ne peut plus claire sur ce point : travailler à la défense et la promotion de la langue et culture occitanes, en France. C'est-à-dire bien évidemment dans le respect de la loi, mais aussi avec la volonté de s'ouvrir à toutes celles et ceux qui sont intéressés ou simplement curieux. Nous sommes occitans, français, européens et citoyens du monde, sans concevoir aucune incompatibilité, bien au contraire ! 

 


Histoire de famille

Les langues sont classées par familles, suivant leur structure et leur origine. L'occitan appartient à la famille des langues romanes de même que le français, l'espagnol, l'italien, le catalan et le roumain, etc. Toutes ces langues ont en commun le fait de descendre du latin, même si elles ont suivi des évolutions différentes les unes des autres. On est ainsi passé de clavis, clavem  latin à clave (es.), chiave (it.), cheie (ro.), clau (cat.) et clau (oc.) puis jusqu'à la clef en français. 

Une des premières mentions d'une "lenga d'oco" se trouve chez Dante, dans De vulgari eloquentia (début du XIVe siècle). D'ailleurs, savez-vous pourquoi l'on parle de Langue d'Oc, ou même d'occitan ? Ce terme vient tout simplement de la manière de dire oui, òc en occitan. C'est d'ailleurs ce que note Dante, quand il compare les différents groupes de langue en Europe : "Nam alii Oc, alii oil, alii si affirmando" (certains affirment en disant oc, d'autres oil et d'autres si).

Au Moyen-Âge, l'occitan -médiéval- est la langue du quotidien dans tout le sud de la France : on le parle au marché comme au Parlement de Toulouse, certains documents officiels comme les chartes (sorte de constitutions des villes) ou les actes notariés sont également rédigés dans cette langue. Cet usage quotidien est attesté dès le XIIe siècle, même si la langue en tant que telle est vraisemblablement plus ancienne. Pendant les siècles qui suivent, alors que la France se constitue, politiquement et géographiquement ; alors que le besoin d'une langue commune se fait sentir, l'occitan est progressivement supplanté dans les usages officiels et courants par le français, sans pour autant réellement disparaître.

À partir du XVIe siècle, plusieurs mouvements successifs intellectuels, politiques, artistiques travaillent à remettent en avant l'occitan, chacun à sa manière. Quand la "renaissance baroque" (XVIe - XVIIIe) est surtout un mouvement littéraire, portés par des poètes comme Pèire Godolin, Jacques Boé (dit Jasmin) ; le mouvement félibréen (XIXe) est plus intellectuel et linguistique. Point d'orgue incontestable de l'époque moderne, 1904, quand Frédéric Mistral reçoit le Prix Nobel de Littérature pour un poème en vers de douze chants, rédigé en provençal : Mirèio (1859). Il est à noter que ce prix Nobel, le premier récompensant une langue minoritaire, est une exception et qu'il est resté unique jusqu'en 1978 !

Aujourd'hui, l'occitan est porté par un tissu associatif dense et très diversifié. Programmation culturelle (concerts, festivals, événements culturels), institutions publiques (bibliothèques, médiathèques), cours, ateliers, librairies... autant d'acteurs de l'occitan d'aujourd'hui. 


Écoutez-la

Videos Ostau Comengés, www.oralitatdegasconha.net

Videos Conta'm, contam.fr


Un peu de géographie

L'aire linguistique de l'occitan couvre une zone comprise entre la moitié et un grand tiers Sud de la France, mais également certaines vallées du Nord-Ouest de l'Italie. 

L'occitan est une langue qui comporte plusieurs variantes, que l'on appelle dialectes. Compte tenu de son ancienneté, de son enseignement tardif et du fait qu'il n'y a pas réellement eu, historiquement, d'institution centralisatrice édictant le canon de la langue -comme l'Académie Française- la langue occitane a connu des variation, suivant les régions, les vallées, ou même les villages !

On distingue essentiellement cinq grands dialectes (cf. carte) que sont le Limousin, l'Auvergnat, le Vivaro-alpin, le Provençal, le Languedocien et le Gascon. Si chacun de ces dialectes possède des éléments de lexique, de conjugaison ou de grammaire, il s'agit toujours de la langue occitane et l'on se comprend sans grande difficulté ! Avez-vous remarqué ? Toulouse se situe sur une zone de contact entre les deux langues, de sorte que gascon et languedocien y sont parlés. 


L'occitan en quelques chiffres

Combien de locuteurs ? C'est une question à laquelle il est, somme toute, presque impossible de répondre. Difficile en effet de savoir exactement qui parle quelle(s) langue(s), à quel niveau, dans quel dialecte, variante. Pour autant, on peut retenir certaines sources.

D'abord l'UNESCO, qui tient un Atlas des langues en danger dans le monde. Les différents dialectes de l'occitan font parties des 2471 langues recensées et sont toutes classées entre "en danger" et "très en danger". Tout en appelant à la plus grande prudence quant à la justesse de ces chiffres, l'UNESCO donne 50 000 locuteurs pour le languedocien et 25 000 pour le gascon. 

Pour des données plus ciblées, on peut se référer à l'étude sociolinguistique Présence, pratiques et perceptions de la langue occitane en région Midi-Pyrénées, commanditée par le Conseil Régional en décembre 2010. 


Le statut des langues régionales

La première condition pour comprendre le travail, voire le combat, des amoureux de l'occitan (et des autres langues minorisées) est peut-être de se faire une idée de la situation dans laquelle se trouvent ces langues. Sans prétendre faire ici une analyse exhaustive, vous trouverez dans cette rubrique quelques points de repère utiles, suivant les balises historiques suivantes.

  • 1539 : Ordonance de Villers-Cotterêt ;
  • 1635 : Fondation de l'Académie Française ;
  • 1794 : Rapport Grégoire ;
  • 1802 : La pratique des "patois" à l'école est interdite ;
  • 1945 : Fondation de l'IEO ;
  • 1951 : Loi Deixonne ;
  • 1992 : Charte européenne des langues régionales ou minoritaires ;
  • 2008 : Article 75-1 de la Constitution.

Le premier élément à avoir en tête, c'est le fait que le territoire en forme d'hexagone, qui nous est familier aujourd'hui pour représenter la France, est une construction somme toute assez récente, comme le montre l'animation suivante :

 

évolution du territoire métropolitain

 Évolution du territoire de la France métropolitaine

de 985 à 1947 - by Obscurs, CC by 3.0

 

Les différents espaces qui rejoignent la France par le biais de guerres ou de mariages, sont au départ des unités politiques autonomes, qui sont loin de toujours parler la même langue. Mais ce sont bien deux Histoires indéfectibles que celles de la France et de ses langues. Avant le XVIe siècle, la langue vernaculaire, du quotidien, diffère selon les régions. Celle de l'État et des intellectuels est le latin, qui est d'ailleurs la langue de la diplomatie européenne. Notre premier jalon est un texte de loi "Ordonnance de François Ier du 25 août 1539 sur le fait de la justice". En voici le texte :

 

François, par la grâce de Dieu, roy de France, sçavoir,faisons, à tous présens et advenir, que pour aucunement pourvoir au bien de notre justice, abréviation des proçès, et soulagement de nos sujets avons, par édit perpétuel et irrévocable, statué et ordonné, statuons et ordonnons les choses qui s'ensuivent.

Article 110 

Et afin qu'il n'y ait cause de douter sur l'intelligence desdits arrêts, nous voulons et ordonnons qu'ils soient faits et écrits si clairement, qu'il n'y ait ni puisse avoir aucune ambiguïté ou incertitude ne lieu à demander interprétation.

Article 111 

Et pour ce que telles choses sont souvent advenues sur l'intelligence des mots latins contenus esdits arrests, nous voulons d'oresnavant que tous, arrests, ensemble toutes autres procédures, soient de nos cours souveraines et autres subalternes et inférieures, soient de registres, enquestes, contrats, commissions, sentences testaments, et autres quelconques, actes et exploicts de justice, ou qui en dépendent, soient prononcés, enregistrés et délivrés aux parties en langage maternel françois et non autrement.

 

 En d'autre termes, dans la mesure où le latin n'est plus assez courant pour permettre la bonne compréhension des actes judiciaires (début de l'article 111 : "Et parce que de telles choses [ambiguïté, incertitude, interprétation] se sont souvent produites à cause de l'incompréhension de termes latins contenus dans ces documents"), le roi ordonne que tous ces actes officiels soient désormais rédigés en français ("en langage maternel françois"). On le voit, c'est le latin qui est visé par cette ordonnance et non les divers parlers locaux. À ceci près que la simple précision de "et non autrement" va changer la donne. En effet, les actes officiels, et particulièrement les actes notariés sont jusque-là principalement rédigés en occitan. Or, ces six petits mots rendent caduque cette pratique et, à ce titre, font que l'on considère cette date comme un premier grand jalon dans la marginalisation des langues régionales, encore que la pratique sera un peu lente à suivre.

La montée en puissance du français par rapport aux autres langues répond à la centralisation, l'unification progressive de ce qui -à terme- donnera la France que nous connaissons. La monarchie absolue est vraisemblablement un des premiers véritables acteurs du rouleau-compresseur linguistique. 

Pourquoi la monarchie absolue a-t-elle besoin d'un français fort et présent partout ? Principalement pour une raison assez bassement pragmatique : comment régner sur un royaume si l'essentiel de la population ne parle pas la même langue ? Attention toutefois à ne pas aller trop vite : ce qui préoccupe la couronne, ce sont les élites et ses administrateurs. Le niveau d'instruction étant très bas, la population est loin d'être concernée dans son ensemble. Quoi qu'il en soit, dans la mesure où le roi et sa cour parlent françois, toutes celles et ceux ayant affaire au pouvoir royal doivent pouvoir en faire autant. C'est un des premiers objectifs de l'Académie Française, fondée, rappelons-le, par le Cardinal Richelieu en 1635 : éditer un dictionnaire. C'est un travail qui n'a rien d'anodin : il s'agit en fait de fixer le lexique et la grammaire, d'édicter un canon de la langue qui serve de norme à tous. Notons d'ailleurs que l'occitan n'étant pas encore totalement passé par ce travail de normalisation centralisée et organisée, il conserve toute la diversité de ses variations. La variation et l'évolution étant, soit dit en passant, l'état naturel de toute langue.

Les lignes tendent à se verrouiller à la Révolution de 1789, dans la mesure où imposer le français devient une nécessité idéologique et politique. La France est à ce moment-là en plein dans le siècle des Lumières. Cette culture, philosophie, idéologie des Lumières se présente comme la forme la plus aboutie de civilisation. Par extension, tout ce qui n'est pas les Lumières est primitif, rustre et dans l'ombre de l’ignorance. Or, la langue des Lumières étant essentiellement le français, il faut la maîtriser pour espérer accéder à cette connaissance éclairée. Un second élément s'ajoute à cela : la Révolution Française, sur un plan plus politique cette fois. Un des principes fondateurs de la République est son unité sur tous les plans. Revoyez la Constitution : 

 

ARTICLE PREMIER.

 La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. (...)

 

"Indivisible", tout est dit. Or, souvenez-vous de la carte précédente : historiquement, l'unité de la France est une construction. Il faut donc, dans ce nouveau système qu'est la démocratie républicaine, instaurer des éléments qui fédèrent, qui travaillent à l'unité du pays pour que celui-ci puisse exister et agir. La liste des facteurs d'unité est très longue, mais il est incontestable que la langue se trouve placée dans les toutes premières lignes. C'est très clairement exprimé dans de grands textes comme le Rapport Sur la nécessité et les moyens d'anéantir les patois d'universaliser l'usage de la langue française dit rapport Grégoire (4 juin 1794). 

 

La féodalité qui vint ensuite morceler ce beau pays, y conserva soigneusement cette disparité d’idiômes comme un moyen de reconnoître, de ressaisir les serfs fugitifs & de river leurs chaînes. Actuellement encore l’étendue territoriale où certains patois sont usités, est déterminée par les limites de l’ancienne domination féodale.

(...)

Nous n’avons plus de provinces, & nous avons encore environ trente patois qui en rappellent les noms.

Peut-être n’est-il pas inutile d’en faire l’énumération : Le bas-breton, le normand, le picard, le rouchi ou wallon, le flamand, le champenois, le messin, le lorrain, le franc-comtois, le bourguignon, le bressan, le lyonnais, le dauphinois, l’auvergnat, le poitevin, le limousin, le picard, le provençal, le languedocien, le velayen, le catalan, le béarnois, le basque, le rouergat & le gascon ; ce dernier seul est parlé sur une surface de 60 lieues en tous sens.

 

Organe majeur de la diffusion du français, l'École trouve son rôle principalement à partir de la république, durant la seconde moitié du XIXe siècle. On trouve, en janvier 1881, dans le "Journal des Instituteurs", un modèle officiel de règlement pour les écoles primaires. On y note : "Art. 14. — Le français sera seul en usage dans l'école." Élément qui n'a rien de secondaire quand on sait que c'est à cette période que les lois Ferry rendent l'instruction -et donc pour la majorité des enfants, l'école- obligatoire. Il faut toutefois garder à l'esprit que si les textes légaux ordonnent une éradication des patois, la réalité linguistique est autre. L'instruction pour tous mettra du temps à s'installer dans les faits, la langue de l'instruction -même quand celle-ci se limitait au catéchisme du curé de village- est depuis longtemps différente de la langue vernaculaire. Aussi, les langues tendent-elles à cohabiter tant bien que mal, même si des cloisonnements suivant les milieux géographiques et plus particulièrement sociaux se mettent en place et tendent à aller en se durcissant. En d'autres termes, on considère que, dans l'ensemble, sur ces périodes, les langues régionales tendent à reculer en termes d'aire géographique occupée, mais aussi à glisser progressivement au bas de l'échelle sociale. Sans pour autant qu'il soit permis de faire l'économie de grands défenseurs de ses langues, qu'ils soient auteurs, intellectuels, hommes publiques ou politiques...

 

Les lignes recommencent véritablement à bouger pendant l'après-guerre, en témoigne la fondation du premier IEO, qui date de 1945. C'est une période de renouveau des libertés et les langues régionales parviennent à tirer parti de cette ouverture, encore que la situation officielle et légale reste relativement rigide. On note toutefois une loi qui fait date, en ouvrant à nouveau des possibilités d'enseignement des "langues et dialectes locaux" : la Loi n°51-46 du 11 janvier 1951  dite "Loi Deixonne". Pour autant, la primauté revient toujours à la Constitution, laquelle constitue en la matière un carcan clair, affirmant : "Article 2. La langue de la République est le français. (...)" Quand, depuis la création du texte en 1992, 24 pays ont aujourd'hui ratifié la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires, la France en est pour le moment au stade de la signature "à la carte", avec 39 paragraphes ou alinéas appliqués sur 98. En effet, outre le fait que la question de la reconnaissance des langues régionales ou minoritaires reste épineuse en France, la ratification requiers de fait une révision constitutionnelle, ainsi que l'on rappelé Conseil Constitutionnel et Conseil d'État ces dernières années. On notera toutefois en 2008, l’institution d'un nouvel article dans la Constitution, au Titre XII "Des collectivités territoriales" : "Article 75-1. Les langues régionale appartiennent au patrimoine de la France." 

 

On retiendra de ce bien trop bref balayage historique que les langues régionales et minoritaires sont en France dans un flou juridique et légal, quand nombre de nos voisins les reconnaissent comme officielles ou co-officielles. Les raisons de la difficulté française à ne serait-ce qu'à débattre de ces questions est sans doute à aller chercher dans la crainte que toute ouverture à ces éléments culturels soit la cause d'une fragmentation identitaire de la France. 

Les Documents cités : 


Pour aller un peu plus loin

De très nombreux ouvrages traitent des quelques sujets que nous n'avons fait qu'évoquer ici. Si vous êtes intéressé(e) par ces questions, voici une sélection d'ouvrages (en français) propices à une découverte de la langue et culture occitanes :

 

Les mots occitans présents en français :

  • Que dalle ! Florian Vernet, IEO Editions.
  • Les mots des occitans, Michel Piquemal, éditions du Cabardès.
  • Petit guide insolent des mots occitans passagers (clandestins) du françaisFlorian Vernet, IEO Lengadòc.

 

Histoire : 

  • Occitanie, L'épopée des origines, Jean Penent, Cair & IEO Edicions.
  • Occitanie, Histoire politique et culturelle, Pierre Lavelle, IEO Edicions.
  • Occitanie, Histoire d'une aliénation, Paul Castela, Éditions du Beffroi.

 

Sur d'autres sujets : 

  • La Croix occitane, Raymond Ginouillac, IEO Tarn.
  • L'Occitanie en 48 mots, Hervé Terral, IEO Edicions.