Vist - Jan de l'Ors

Mercredi 1er octobre, au Chapeau Rouge à Toulouse, était donnée une représentation de ce conte traditionnel des Pyrénées, dans le cadre du Festival Occitania, en partenariat avec d'Arts et d'Òc. 

Votre serviteur était dans la salle. 

Jan de l'Ors : voir au-delà

Nous vivons dans un monde régit, ou tout au moins dominé, par un impératif scientifique de compréhension des choses et du monde. Il s'agit de comprendre pour s'approprier, pour avoir le contrôle sur. Ce mouvement, plus ou moins violent, se traduit très pragmatiquement par une nécessité quasi permanente de pouvoir tout nommer, étiqueter, catégoriser. Il n'y a pas de fous, pas de déviants, seulement des gens qui appartiennent à d'autres catégoriques que la norme. De ce point de vue, ce qui pourrait ne sembler qu'une histoire légère, s'avère en réalité porteuse d'une invitation beaucoup plus sérieuse : penser hors des idées toutes faites.

 

 

Jan de l'Ors   n'est pas un conte : c'est un moment ; un moment hors du temps. La salle est, comme il se doit, plongée dans le noir. Sur la scène, deux écrans de toile qu'une peintre des ombres utilise pour tracer les décors ; un musicien qui se charge de nous conduire sur les lieux de l'histoire et un conteur, c'est-à-dire personne et tous les personnages à la fois. La mise en scène est simple, ce qui à n'en pas douter, contribue à sa légèreté  autant qu'à sa force.

Si le jeune public, à qui la pièce est d'abord destinée, est rapidement conquis, on aurait tort de croire que cela signifie qu'elle lui soit réservée. Dans la poésie visuelle et sonore, dans la maestria du conteur, cette histoire contient aussi un questionnement des apparences. En quoi Jan est-il vraiment différent : parce que son père est un ours, ou parce qu'il a plus de courage et de droiture d'âme que le reste des hommes ? Et qui sont les vrais monstres dans cette histoire : celui qui est différent, ou bien les traîtres ?

 

Heureusement, il y a au moins une chose dont l'on puisse être sûr :  entre les mains expertes de Coline Hateau (projections), Thomas Baudoin (musique) et Yves Durand (conte), le conte de Jan de l'Ors s'adresse à tous et aura quelque chose à apporter à chacun.

 

Aldric Hagège 

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